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Réseau des Gîtes Classifiés

Les gîtes classifiés du Québec

du Québec, Canada


10, rue de la Chapelle - La Malbaie (Québec)
Canada G5A 3A3

Tél. : +1 418 665 2323

Fax : +1 418 665 6996


Lettre ouverte à Monsieur Bernard Landry,
Premier Ministre du Québec

Ne dénaturez pas le Québec 
et ne désespérez pas les Québécois !


Lévis, le 12 mars 2002


Monsieur le Premier Ministre,

Nous vous avions écrit en août 1998, alors que vous étiez ministre des Finances, afin de solliciter votre appui pour la reconnaissance de notre système de classification à l’usage exclusif des Gîtes à caractère familial.

A cette époque, vous aviez simplement accusé réception de notre courrier, en nous renvoyant pour notre demande au ministre délégué au Tourisme.

Seule parmi tous les ministres auxquels nous nous étions adressés, Madame Louise Harel, maintenant Présidente de l’Assemblée Nationale, avait apporté son soutien à notre démarche.

Aujourd’hui, tandis que nous défendons ardemment notre produit touristique plus attaqué que jamais de toutes parts, nous faisons appel à vous au nom de la justice, de l’honnêteté et du bon sens.

Les gîtes touristiques du Québec vivent une situation désespérante que, de par vos hautes fonctions, vous ne pouvez ignorer.

Victimes d’un acharnement permanent, en particulier depuis l’adoption de la Loi 127 sur les établissements touristiques en juin 2001, les gîtes subissent de plus, en ce moment, une surabondance de réglementation dans une action menée conjointement par plusieurs ministères de votre gouvernement.

La loi 127 était censée remplacer le permis de tourisme par une attestation de classification pour les établissements touristiques.

Ce fut effectivement le cas, mais contrairement à ce qu’affirmait le ministre délégué au tourisme de l’époque, Maxime Arseneau, en défendant son projet de Loi devant l’Assemblée Nationale, cette substitution n’a pas eu pour conséquence de faire réaliser une économie aux propriétaires d’établissements touristiques.

Le permis a été abrogé mais l’attestation obligatoire de classification a un coût similaire, même s’il est vrai qu’il n’est plus perçu par Tourisme Québec, mais par un organisme privé, la CITQ.

Les propriétaires de gîtes sont hélas habitués à ce propos de dupes et, en bons québécois, se souviennent !


Tout récemment, au début de cette semaine, les gîtes touristiques du Québec ont reçu un courrier du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation leur enjoignant de payer un permis de restaurateur au coût de 195 dollars avant la fin de ce mois de mars.

Cette décision subite, même si elle est issue du dernier alinéa de l’article 36 de la loi précitée, relève tout simplement de l’aberration : au prétexte qu’ils servent des déjeuners dans des résidences privées, les gîtes peuvent-ils être assimilés à des restaurants ? 

NON, car ce sont des lieux où l'accueil proverbial des Québécois perdure, le seul rempart de notre spécificité, d'une différence tant promue par votre gouvernement !

Faut-il voir dans cette interprétation hasardeuse, une volonté de saigner un peu plus le petit exploitant de gîte ou une tentative habile pour le décourager et le pousser à fermer ?

Faudrait-il plus simplement, voir une coïncidence purement fortuite entre le fait que la Loi 127 ait été présentée en mai 2001 par Maxime Arseneau, alors ministre délégué au tourisme, et que le permis alimentaire soit réclamé le 11 mars 2002 par Maxime Arseneau, ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, en s’appuyant sur le texte de cette même loi ?

Les propriétaires de gîtes ne sont pas de parfaits idiots et, en bons québécois, se souviendront !


Il nous serait facile d’épiloguer sur le contenu de cette loi qui, en vertu de son article 36, laisse toute latitude au gouvernement d’adopter des règlements de plus en plus contraignants à l’encontre de telle ou telle catégorie d’établissement touristique.

D’ailleurs, nous ne doutons pas que certains, à l’instar du Collège Mérici qui vient d’adresser aux propriétaires de gîtes une étude préalable à l’institution d’une Association Provinciale des Gîtes du Québec (sic !), s’en soient déjà parfaitement appropriés toutes les possibilités.

Cette intervention vise à voir disparaître des deux principales associations de gîtes touristiques au Québec, le Réseau des Gîtes Classifiés et la Fédération des Agricotours.

Les événements que viennent de subir, coup sur coup, les gîtes touristiques permettent tout à fait de penser que d’autres mauvaises surprises les attendent prochainement.

Pourtant, Monsieur le Premier Ministre, est-il nécessaire de vous rappeler la richesse immense, sur les plans culturels et aussi économiques, que représentent toutes ces demeures familiales ouvertes aux visiteurs du monde entier ?

En cette période où l’industrie touristique mondiale est fortement perturbée, tout particulièrement celle du territoire nord américain, est-ce une manière profitable pour votre gouvernement, pour votre parti politique, de s’attaquer ainsi à une source non négligeable de touristes ?

Vous le savez sans doute, la plupart de ces voyageurs viennent en provenance d’Europe francophone à la recherche d’échanges qu’ils n’obtiendraient pas dans un autre mode d’hébergement.

S’agit-il, ce faisant, pour votre gouvernement, pour votre parti, de céder à la pression d’un lobby hôtelier qui voit, la conjoncture aggravant, son chiffre d’affaires baisser ?

S’agit-il pour votre gouvernement, pour votre parti, de laisser faire, à leur bon gré, les fonctionnaires de vos ministères, dont les méthodes de certains par leur morgue, leur sentiment de pouvoir absolu et de supériorité peuvent rappeler les pires périodes de la « grande noirceur » ?

Il ne faut pas dénaturer le Québec aux yeux de ceux qui en font la force, Monsieur le Premier Ministre et il ne faut pas désespérer les Québécois.

Nous vous demandons aujourd’hui de faire mettre un terme définitif aux débordements administratifs que subissent les propriétaires de gîtes, en particulier la mise en place du permis alimentaire.


Nous vous demandons également d’intervenir auprès de votre ministre responsable de la Jeunesse, des Sports, des Loisirs et du Tourisme, Richard Legendre, afin d’inscrire au plus tôt l’étude d’une nouvelle loi, plus équitable pour l’industrie touristique et surtout pour les gîtes, appelée à remplacer la loi 127.

Notre organisme, le Réseau des Gîtes Classifiés du Québec, Canada, se sent d’autant plus libre de vous parler ainsi, Monsieur le Premier Ministre, qu’il a toujours été habitué à ne compter que sur lui seul.

Nous sommes totalement autonomes financièrement et n’avons jamais fait appel à la moindre subvention.

Nous ne devons notre progression, notre promotion et notre implantation dans 13 régions du Québec et dans les provinces voisines du Nouveau Brunswick et de l’Ontario qu’à nos seules ressources, qu’à notre volonté et à notre combativité que nous puisons de nos origines, la Gaspésie.

Précisément, il nous en a fallu de la détermination pour franchir les obstacles posés depuis 1997 par plusieurs ministres du tourisme qui n’ont pas hésité à décloisonner le public et le privé, en transférant des fonds publics à des organismes privés pour anéantir notre activité.

Ce qui fait justement notre fierté, Monsieur le Premier Ministre, c’est de n’être attaché par aucun lien à un quelconque organisme gouvernemental.

Pour emprunter votre expression « ce qui ne nous détruit pas, nous rend plus forts », aussi nous nous accordons légitimement le droit de revendiquer pour tous les gîtes à caractère familial d’être reconnus comme une catégorie à part entière de l’industrie touristique distincte du produit hôtelier et, à ce titre, de bénéficier de toute la considération qui est due à notre travail en faveur de l’essor économique du Québec.

Enfin, nous ne doutons pas que la présente lettre soit très largement lue, en particulier en France d’où nous provient la majorité de nos touristes, car nous la publions dès aujourd’hui sur notre site Internet qui reçoit en moyenne 6,000 visiteurs et 75,000 requêtes par semaine.

Assurés que vous porterez toute votre attention à notre demande, nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre à l’expression de notre considération distinguée.


Nicole ROGER,
Présidente et Directrice Générale
Association des Gîtes de la Gaspésie
et Réseau des Gîtes Classifiés Québec, Canada


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